Lorsque vous annoncez que vous partez pour Munich, vous pouvez prendre les paris : neuf fois sur dix, on vous parle de la fête de la Bière ! Pourtant, il y a bien une vie en dehors de l’Oktoberfest ! Voici vingt-cinq arguments pour vous convaincre des charmes de l’hédoniste capitale de la Bavière.

Au début du mois de mars, aux premiers rayons de soleil, le Biergarten du Viktualienmarkt (marché aux « victuailles ») sort ses tables et donne le la de la belle saison : les Munichois décapotent les cabriolets, tombent la veste et envahissent les pelouses des nombreux parcs de la ville. Au grand dam de Berlin, Munich figure dans toutes les études comme la cité allemande où l’on trouve la meilleure qualité de vie. Férue de culture et de modernité, riche de trois orchestres et de 50 musées, carrefour de l’industrie allemande, siège de grandes entreprises (BMW, Allianz, Siemens, Bulthaup…), fière d’une communauté d’artistes et de designers (la maison française de ventes aux enchères Artcurial a choisi la capitale bavaroise pour son installation en Allemagne), pôle cinématographique, Munich n’affiche peut-être pas la hype de la capitale ni le charme de Cologne, mais cette ville hybride qui mixe hautes technologies et attachement au terroir déborde d’énergie et de charisme. Avec ses 1,41 million d’habitants serrés dans 10 arrondissements, enroulée autour de la rivière Isar et encerclée de lacs, la cité ­dégage une étonnante sensation de vitalité et d’intimité. Facile à explorer à pied, elle est aussi dotée d’un réseau de transports en commun efficace – et d’un usage enfantin, à rendre verts de jalousie les Franciliens ! Il est du coup très facile d’en sortir pour aller piquer une tête, skier ou passer une frontière. Posée en bordure de la Suisse, de l’Autriche et proche de l’Italie, la plus méridionale des villes allemandes a beaucoup emprunté à ses voisines… Moyennant quoi, ­Munich, c’est un peu Milan. Difficile d’échapper à la tomate-mozza et à la pasta dans les menus des restaurants. Lorsqu’ils ne vont pas au bureau en costume traditionnel, culotte de peau pour les hommes et dirndl pour les femmes, les Munichois optent volontiers pour le chic italien. ­Aigner et Bogner, les deux fleurons locaux, sont d’ailleurs les rois du cachemire et de l’élégance intemporelle. Munich, c’est un peu Vienne. Chaque jour, vers 18 heures, on croise dans le métro hommes en costume-nœud-pap et femmes en robe de cocktail : ils vont au concert. Comme dans la capitale autrichienne, on s’habille pour sortir. Munich, c’est un peu la Suisse. Tout le monde est à l’heure à ses rendez-vous !

Paradoxes et particularités

Munich, c’est aussi un peu Hawaii. Mais si ! Déferlant sous le pont Himmelreich, en pleine ville, la Eisbachwelle est une vague artificielle et perpétuelle formée par la tout aussi artificielle rivière Esbach. Ce spot est un incontournable des surfeurs du monde entier. Il est courant de les croiser, planche sous le bras ou accrochée au vélo, prêts à tenter d’apprivoiser cette vague sans fin, y compris en plein hiver. Munich, c’est un peu Berlin. Shame on me, les Munichois vont me haïr ! Les deux villes se regardent en chiens de faïence. Pourtant, dans les petits quartiers branchés comme Glockenbach ou Schwabing, on trouve tous les ingrédients de la bohème : slow food et slow shopping… Munich, c’est un peu le Golfe. Dès le mois de juin, les hôtels chic se remplissent de familles venues des Emirats. Dans les parcs, la burka côtoie la Birkenstock. Venus à l’origine se faire soigner dans les cliniques de luxe bavaroises, les riches familles arabes ont adopté cette ville propre et sûre pour échapper aux températures de leur propre été. Munich, c’est un peu Séville. On y mange à toute heure du jour et de la nuit, les déjeuners tardifs rattrapant les dîners d’avant-spectacle et les noctambules précédant les lève-tôt au Frühstück. D’ailleurs, il est rare de se faire refouler d’un restaurant sous prétexte que le service est terminé. Munich, c’est quand même énormément la Bavière. Autrement dit, un Land jaloux de ses particularités et plein de paradoxes, marqué par le sceau du nazisme et qui s’est longtemps considéré comme la capitale secrète de l’Allemagne. Munich est une drôle de ville, très riche mais votant à gauche, conservatrice, très catholique, fière de son opulence autant que de sa tolérance. Elle a réussi à intégrer ses 25 % d’immigrés en souplesse et se vante d’être la deuxième ville gay d’Allemagne. Une ville déroutante et joyeuse. Comme on les aime.

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