Passé la stratosphère, elle règne en maître absolu, affublée de son surnom évocateur – « Moonwatch » – que personne ne lui conteste. Inventée en 1957, la Speedmaster d’Omega est la première montre à être allée sur la Lune, au poignet de Buzz Aldrin, et la seule à avoir été distinguée d’un Snoopy Award pour services rendus à la NASA. Hyperchic !

« Houston, we’ve had a problem. » Nous sommes le 13 avril 1970. Il est 21 h 07 et la voix du pilote Jack Swigert, très calme, se fait entendre sur la radio. Deux jours après le lancement de la mission spatiale Apollo 13, un réservoir d’oxygène vient d’exploser à 321 860 km de la terre. La suite de l’histoire, tout le monde la connaît. Ron Howard en a fait un film en 1995. Les trois hommes à bord du module de commande et de service se réfugient dans le module lunaire Aquarius.

Seulement, si ce « canot de sauvetage » possède un poste de pilotage autonome, il n’a pas été pensé pour accueillir trois personnes. Ses ressources en électricité et en oxygène sont très limitées, et pour économiser l’énergie nécessaire à son retour sur Terre, 80 % des dispositifs électriques sont coupés – notamment les systèmes de guidage et de climatisation, ce qui fait chuter la température à l’intérieur du module à 9 °C, ainsi que l’ordinateur central –, à l’exception de la communication avec Houston. En plus de ces contraintes, les astronautes se trouvent confrontés à un autre problème de taille : le volume de CO2 qui augmente dangereusement dans l’habitacle. Comme le rappellent les rapports de la NASA, pour régler la moindre chose, les ingénieurs doivent improviser des solutions en live. A Houston, les contrôleurs au sol se trouvent face à un immense défi. Ils doivent écrire des procédures en partant de zéro, puis les tester dans le simulateur avant de pouvoir les communiquer à l’équipage.

Chronologie

1848 : Louis Brandt ouvre un comptoir d’établissage à La Chaux‑de‑Fonds.
1879 : les deux fils du fondateur, Louis‑Paul et César, se lancent dans
la fabrication industrielle en fondant
une usine à Bienne.
1894 : commercialisation du calibre Omega 19 lignes qui donne son nom
à l’entreprise.
1909 : premier chronométrage sportif avec la course automobile Gordon Bennett.
1932 : chronométreur officiel des jeux Olympiques de Los Angeles.
1948 : lancement de la Seamaster.
1957 : lancement de la Speedmaster.
1969 : Buzz Aldrin marche sur la Lune.
1983 : création du Swatch Group.
1999 : invention de l’échappement Co‑Axial.

Une précision salvatrice

Une fois la situation vitale stabilisée, il faut désormais remettre le vaisseau sur une trajectoire de retour, moyennant plusieurs corrections à mi-course et de brèves mises à feu du moteur, pour lui permettre de rentrer dans l’atmosphère terrestre. Les systèmes de guidage du module lunaire ayant été coupés pour économiser l’électricité, l’équipage n’a pas d’autre moyen que d’utiliser ses montres Speedmaster pour chronométrer les mises à feu, ce que raconte le commandant Jim Lovell : « Pour notre dernière manœuvre, nous avons dû agir à l’aveugle. Nous n’avions plus d’instruments de navigation et l’horloge du vaisseau était en panne. Nous avons utilisé nos montres et ce n’est pas une légende. Heureusement que nous les avions à bord ! » Trois jours plus tard, la capsule Aquarius amerrit dans le Pacifique, ses passagers sains et saufs. Cette fiabilité face aux conditions exceptionnelles vaudra à Omega d’être gratifiée de la plus haute distinction de la NASA, le Snoopy Award, qui récompense des actes de bravoure remarquables.

Chronographe Speedmaster ’57 Omega Co‑Axial, boîtier 41,5 mm et bracelet en acier, verre saphir antireflets double face, étanche à 100 m, 7 300 €.
Chronographe Speedmaster ’57 Omega Co‑Axial, boîtier 41,5 mm et bracelet en acier, verre saphir antireflets double face, étanche à 100 m, 7 300 €. DR

Une naissance dans les étoiles

Il faut dire qu’au-delà de la mission Apollo 13, la Speedmaster aurait mérité cet hommage pour son importance quotidienne dans la conquête spatiale depuis ses origines. Inventé en 1957, ce chronographe, équipé d’un calibre 321 développé par Lemania et d’une échelle tachymétrique, vient d’abord compléter la collection dans laquelle figurent déjà la Seamaster (sportive et étanche) et la Railmaster (antimagnétique).

Son allure sportive, virile et non ostentatoire lui assure un vif succès auprès du grand public, mais personne ne devine encore que son destin s’écrira dans les étoiles. A cette époque, la guerre froide fait rage et, après la crise de la baie des ­Cochons, se cristallise autour de la conquête spatiale. En 1962, le président Kennedy, par sa ­célèbre phrase « we choose to go to the moon » confirme l’ambition des Etats-Unis. Tous les moyens sont alors mis en œuvre pour parvenir à cet objectif avant la fin de la décennie. Accessoirement, les ingénieurs insistent sur la nécessité d’homologuer un modèle de montre fiable pour accompagner le développement du programme. Cette même année, des dizaines de montres ­subissent une batterie de tests drastiques et c’est la Speedmaster qui se révèle être la plus convaincante. Une histoire d’amour qui ne s’est d’ailleurs jamais démentie, puisque les déclinaisons contemporaines de ce garde-temps sont toujours agréées par la NASA « for all manned space missions ».

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