Capitale du pouvoir politique, poumon économique concentrant 25 % du PIB russe et 80 % des flux financiers en Russie, Moscou est une ville très intéressante à découvrir. La mégapole est en pleine transformation. Ça bouge à Moscou, vous devriez aller voir !

Avec 84 milliardaires qui totalisent, en 2013, 366 milliards de dollars, Moscou est la capitale des très, très riches, devant New York, qui n’en compte que 62, selon le magazine Forbes. Mais il est loin, le temps des « nouveaux Russes » au très mauvais goût empreint de vulgarité, gaspillant à tout-va pour combler les frustrations accumulées au temps de l’URSS ! Ils ont (un peu) appris la discrétion et certains, néanmoins encore trop rares, participent au développement de la ville.

Quant aux règlements de comptes en pleine rue, ils ne sont plus qu’un mauvais souvenir des années 90. Moscou a entamé sa mutation, faisant mentir les clichés qui la montraient comme une ville dangereuse, grise et triste. En moins de trois ans, le centre-ville est devenu une vitrine : nouvelles zones piétonnes, stationnements payants, Vélib’ locaux (il faut quand même les avoir bien accrochées…), aménagement des parcs et des berges de la Moskova, disparition des panneaux publicitaires…

La rue piétonne Kamergerski.
La rue piétonne Kamergerski. Sergey Kozmin
L’une des sept Soeurs, splendides gratte-ciel construit sous Staline.
L’une des sept Soeurs, splendides gratte-ciel construit sous Staline. Bérénice Debras

Bobos, hipsters et jeunes entrepreneurs se retrouvent dans les adresses branchées – qui n’ont rien à envier à celles de Londres ou de New York. Tout va très vite dans cette (autre) ville qui ne dort jamais. Pour preuve, le service des restaurants est round the clock et la livraison des courses est moins chère à partir de minuit !

Gastrorévolution

Le restaurant Ragout.

Ragout. Le chef Alexei Zimin a joué la carte de l’ironie pour baptiser son nouveau restaurant, l’un des lieux les plus en vue du moment à Moscou. Formé à Paris, puis à Londres, ce globe-trotter incarne la nouvelle génération de gastronomes moscovites. « Après quatre-vingts ans de goulaches suivis de vingt ans de lounges prétentieux et hors de prix, les Russes revendiquent leur goût pour le “bon goût” à des prix accessibles », explique-t-il. Brasseries façon New York, ateliers de street-food ici et là, festival de fooding en plein air… les rues de Moscou se transforment à vue d’oeil, signe d’une révolution culinaire amorcée. Pourtant, la ville reste encore loin de certaines autres capitales européennes avec seulement un café pour 1 500 habitants, soit trois fois moins qu’à Londres. « Le vrai challenge est de trouver le local, regrette Alexei Zimin. Les immeubles datant de l’époque soviétique n’ont pas été prévus pour abriter des commerces ; les surfaces avec pignon sur rue sont donc rares et chères. » Comme lui, nombreux sont les entrepreneurs à compter sur le projet de l’administration moscovite visant à accompagner cette mutation du secteur, en prévoyant, notamment, de réquisitionner un quart des surfaces encore disponibles pour la restauration à prix réduit. Affaire à suivre. Capucine Janssen

Si le business reste roi, la ville s’humanise et se modernise à toute vitesse. Les Lada toussotantes ont laissé la place à un parc automobile neuf – en 2012, le marché russe affichait une croissance de 11%, avec 2,93 millions de véhicules vendus, se plaçant ainsi au 2e rang en Europe, après l’Allemagne. La ville prévoit un budget de 100 milliards de dollars pour améliorer ses routes et son transport public, pour créer 100 millions de mètres carrés de bureaux et 2 millions d’emplois d’ici à 2030. On voit grand ! Mais Moscou, ce n’est pas la Russie, tous s’accordent pour le dire. L’Etat y dépense environ quatre fois plus que dans le reste du pays.

La rue Neglinnaïa, dans le quartier de Bolchoï.
La rue Neglinnaïa, dans le quartier de Bolchoï. Sergey Kozmin

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